Finale de l’Euro : une défaite qui fait du bien !

juillet 20, 2016 admin4334 1 comment

Évidemment qu’elle fait mal cette défaite !

Et c’est pour cela que nous espérons qu’elle nous fasse plus de bien encore ! Car l’équipe de France est jeune, elle est talentueuse et elle joue … ensemble.

during the 2014 FIFA World Cup Brazil Round of 16 match between France and Nigeria at Estadio Nacional on June 30, 2014 in Brasilia, Brazil.

Cette défaite doit servir de tremplin pour la Coupe du Monde 2018 en Russie. Comme une gifle salutaire qui met sur le droit chemin. Car si les Bleus se sont montrés opiniâtres, joueurs, généreux, combattifs et collectifs, ils se sont parfois aussi égarés. Perdus tels des aventuriers qui ne connaissent leur chemin et qui avancent avec audace mais sans boussole. Prisonniers de leur talent et écrasés par la pression de toute une nation, ils ont aussi perdu le contrôle par moments, tels des navigateurs perdus au milieu d’une forte tempête.

Mais malgré cette défaite, ils ont survécu et ils repartent. Cette fois-ci à l’assaut de la dernière marche, celle qui mène au sommet mondial. Grâce à plus de maturité, de travail et de temps passé ensemble, nous espérons qu’en 2018, ils illuminent Moscou de leur créativité, de leur fougue et de leur talent.

Rappelons-nous qu’avant de gagner la seule Coupe du Monde de son histoire en 1998, l’équipe de France s’était inclinée lors de l’Euro 1996. L’évolution et les changements dans la gestion de la sélection lui a permis de nous offrir deux ans plus tard le plus bel exemple de l’emprise que le football peut avoir sur un peuple, sur une nation. Une liesse collective merveilleuse comme nous en avions rarement vu et qui a tant fait de bien.

En effet, car la France souffrait du syndrome de Poulidor. Raymond Poulidor, cet éternel deuxième du cyclisme, incarne la stabilité et le dur labeur.

Mais où se trouvent l’originalité, la fougue et le panache ? Où se cache la Victoire ?

Avec sa culture de la gagne autrefois limitée, notamment dans les sports collectifs, la France s’était habituée (contentée ?) des places de faire-valoir ou au mieux de beau second.

Aimé Jacquet a changé cela. Et la France s’est envolée, portée par un Zinedine Zidane qui s’est affiché en héros national lors de la finale. En symbole de cet avènement de la victoire collective de notre pays, son réalisme s’est révélé à son paroxysme au moment le plus crucial, celui de conclure la compétition par un succès. Zidane est devenu une légende, un mythe, le libérateur d’une France qui gagne…enfin !

zidane_but_tete

L’engouement populaire a fait le reste et tous les sportifs français se sont engouffrés dans cet élan de confiance, dans cette prise de conscience que le talent et le travail peuvent générer la victoire, sentiment immortel.

Champion un jour, champion toujours.

Zinedine ZIDANE avec le trophee - podium - Equipe de France - joie - attitude - France /Bresil- 12.07.1998 - Foot football - Finale de la coupe du monde 98 - 1998 - archives archive - largeur

On constate que le football n’a pas seulement déteint sur les autres sports mais également sur des sphères jusque-là imperméables à son « ball appeal ». Il y avait certes des supporters du ballon rond dans les entreprises mais de là à transposer une éventuelle victoire en un gain de productivité, il y a plus d’un pas que l’on ne saurait franchir. Pourtant, en 1998, un sentiment de puissance a émergé, dont l’impact et l’énergie ont probablement été utiles à un commercial en panne d’inspiration ou à un cadre dont la carrière était au point mort. Il faisait bon être Français dans un contexte international. Nous avions appris à gagner et nous y avions assisté chez nous.

En fin de compte, peut-être que les Français aiment encore les perdants valeureux mais ils aiment désormais plus que tout les vainqueurs magnifiques.

Le sélectionneur actuel, Didier Deschamps, alors joueur et leader vocal de cette équipe championne du monde, assure le lien avec la nouvelle génération qu’il doit mener au même résultat.

Une lourde tâche, même pour lui. Et c’est la raison pour laquelle il doit se servir de l’enseignement tiré d’une compétition qui a laissé un goût amer d’inachevé. Il doit rassembler et remotiver un groupe qu’il a façonné en dépit des critiques et des moqueries. Un groupe auquel il a insufflé une véritable cohésion. Un groupe qui pourrait bien l’amener, lui aussi, au statut de légende.

Nous l’avons fait en 1998. Nous devons le refaire 20 ans plus tard.

Comme une mission.

Comme dans un rêve.

Les yeux dans les Bleus.

Une défaite pour une Victoire.

пойти блюз!

 

1 Comment on “Finale de l’Euro : une défaite qui fait du bien !

  1. Magnifique message dans sa teneur et son sentiment d’espoir pour les prochaines années. A l’Equipe de France de continuer sur son chemin, comme une étape et un objectif à atteindre, car devenir champion du monde en 2018 serait un bel accomplissement, la route est longue, mais toutes les routes le sont, seulement, s’ils commencent à entrevoir la lumière et travailler chacun dans ce sens, il y a une chance. Il ne faut pas la saisir mais en faire partie.

    Au bonheur de vous relire.

    Clément

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